Depuis la fermeture des banques et des aéroports de Goma et Bukavu, conséquence directe de la guerre, l’économie locale est paralysée. Pour les agriculteurs par exemple, produire ne suffit plus. Vendre devient un combat quotidien :« Nous récoltons, mais personne n’achète. L’argent ne circule plus », confie un agriculteur assis près de sacs de manioc. Sur les étals, légumes et tubercules se détériorent, tandis que les négociations avec les clients deviennent de plus en plus difficiles.
Du côté des vendeurs de produits manufacturés, la situation est identique : les étals regorgent de produits, mais les clients n’ont pas les moyens. Les pertes s’accumulent.
Les éleveurs, eux, vendent souvent à des prix dérisoires, juste pour répondre aux besoins vitaux, acheter du sel ou des fournitures scolaires pour leurs enfants : « Nous vendons à des prix dérisoires… justes pour acheter du sel, des cahiers, des stylos pour nos enfants », raconte un éleveur. Certains enfants sont même renvoyés des écoles faute de paiement des frais scolaires. « À cause de la guerre nous ne vendons plus, à cause de la guerre les banques et les aéroports sont fermés À depuis plus d’une année, c’est grâce aux activités des banques et aéroports que l’on trouvait des clients » regrette Chance BARALIBERO un vendeur des chères trouvé au marché de Kishenyi. « Avant la guerre je vendais 4à 5 chères, mais pour le moment je n’arrive même pas à vendre deux ! Par exemple aujourd’hui je n’ai rien vendu pour que mes enfants ne crèvent pas je cherche à vendre une chèvre à un prix dérisoire » poursuit-il. Pendant ce temps, les producteurs continuent de payer des taxes… encore et encore… pour des marchandises qui ne sevendent pas.
Des hôtels et restaurants, mais vides.

Malgré le boom d’infrastructure hôtelier sur l’Ile d’Idjwi, peu de visiteurs franchissent le lac Kivu en provenance de Goma ni de Bukavu. L’hôtelier croise le doigt pour peut-être trouver un client et de nuit vient sans en trouver un seul : « A cause de la guerre les touristes ne viennent plus sur l’île, cette guerre cause beaucoup de préjudice au tourisme. Aujourd’hui c’est difficile que des touristes viennent sur l’Ile parce que ce difficile qu’ils viennent car l’aéroport est fermé depuis plus d’une année et les banques également. Nous sommes vraiment coincés dans le secteur », lâche un opérateur dans le secteur l’hôtellerie. Ce qui frappe Idjwi l’est également pour d’autres entités de la province du Nord et du Sud Kivu qui pouvait faire le tourisme à l’interne hélas se trouvent dans le même panier que ceux d’Idjwi. Toutefois bien que les activités ne marchent pas comme habitude avec les touristes internationaux, les locaux peuvent s’offrir de moment de détente et découvrir l’Ile d’Idjwi : « De Goma à Idjwi, de Bukavu à Idjwi à moins de 10$ in peut s’offrir un voyage et visiter une ile paradisiaque paisible et hospitalière. La fraicheur du lac Kivu et ses aliments bio sur les assiettes peut atténuer les stress acculés dans les centres urbains », signale un hôtelier à Idjwi nord. « il convient de noter que si vous visitez Idjwi vous ne serez jamais déçus a conclu un propriétaire d’un hôtel de la place.

Sur les routes de l’île, la traversée en pirogue reste une épreuve. Les sacs de légumes et de produits agricoles sont transportés sous la fatigue, tandis que les visages des producteurs reflètent l’épuisement.
« Nous sommes fatigués. Nous voulons seulement travailler et vivre », lâche une vendeuse, le regard chargé de détresse.
Aujourd’hui, agriculteurs, éleveurs, hôteliers et vendeurs lancent un cri d’alerte. Ils interpellent à la fois les belligérants et les décideurs : la guerre doit cesser, les banques doivent rouvrir, les aéroports doivent reprendre leurs activités.

Parce que la guerre ne détruit pas seulement des infrastructures… elle détruit aussi les assiettes.
À Idjwi, la terre nourrit encore. Mais sans circulation de l’argent, c’est toute une population qui suffoque. L’asphyxie a trop duré, et le poids de la guerre se paie chaque jour… dans les champs, dans les marchés, dans les foyers et partout.
Alain Wandimoyi