Le portail de sa maison s’est rouvert, cette fois pour de bon. Ngoyi Kasanji, ancien gouverneur du Kasaï-Oriental, a retrouvé ce qu’il n’a jamais cessé de revendiquer comme sien : une parcelle spoliée depuis plusieurs années dans des circonstances troubles. Le nom de Gabriel Mokia, à qui la propriété avait été transférée, est désormais relégué au passé dans ce dossier aux multiples rebondissements.
Ce litige foncier a longtemps symbolisé les défaillances du système de gestion domaniale en République Démocratique du Congo. Derrière les murs de cette résidence, c’est toute une lutte contre la spoliation des biens immobiliers qui s’est jouée, une lutte que Kasanji a mené avec ténacité devant les juridictions du pays, dénonçant une mutation opérée sans titre légal ni décision judiciaire.
« On ne peut pas transférer une propriété sur simple ordonnance. Celui qui occupait cette maison n’avait aucun titre. Aujourd’hui, la vérité a triomphé. Je suis de retour chez moi, en toute légitimité », a-t-il déclaré, visiblement soulagé.
L’ancien gouverneur a exprimé sa reconnaissance envers les institutions judiciaires et le Président de la République, saluant ce qu’il considère comme un signal fort en faveur du respect du droit et de la justice.
Mais au-delà du cas personnel de Ngoyi Kasanji, cette restitution soulève un enjeu plus large : celui de la sécurité foncière pour tous les Congolais. Dans un contexte où les cas de spoliation se multiplient, cette décision judiciaire sonne comme une alerte et un appel à consolider l’État de droit.
Victor BIGATI