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Le 17e épisode de l’épidémie d’Ebola vient d’être annoncé en Ituri, mais à Goma un cas signalé a provoqué une onde de choc au sein de la population. Dans cette ville déjà éprouvée par plus d’une année d’isolement et de crise socio-économique, la nouvelle est tombée « comme un coup de foudre », selon plusieurs habitants rencontrés.

Par la Cruche Hebdo

La fermeture des frontières avec la ville voisine de Gisenyi, principal point d’échange commercial entre Congolais et Rwandais, a immédiatement accentué les inquiétudes. Les postes frontaliers de la Grande Barrière, communément appelée « Corniche », ainsi que de la Petite Barrière à Birere, ont été temporairement fermés afin de limiter une éventuelle propagation de cette épidémie qui fait déjà de nombreuses victimes dans certaines zones de l’Ituri, considérée comme l’épicentre de la maladie.

Pour des milliers d’habitants de Goma vivant du petit commerce transfrontalier, cette décision représente un coup dur supplémentaire. Chaque jour, de nombreux commerçants traversent la frontière pour s’approvisionner en produits manufacturés, effectuer des opérations bancaires ou encore assurer leur survie économique.

« L’unique bouée de sauvetage qui nous restait vient de se percer. À Goma, nous survivons grâce aux traversées quotidiennes vers Gisenyi, même pour accéder aux banques et acheter certains produits essentiels. Avec ces restrictions de mouvement, que deviendra notre sort ? », s’interroge désespérée, une commerçante rencontrée près de la frontière.

 

Dans les rues de Goma, la peur se manifeste à deux niveaux : la crainte de la résurgence d’Ebola et celle d’un isolement économique encore plus sévère. Plusieurs voix s’élèvent déjà pour alerter sur les conséquences humanitaires que pourrait entraîner l’apparition de nouveaux cas dans la ville.

Le contexte actuel reste particulièrement préoccupant. Depuis plus d’une année, les activités humanitaires ont fortement diminué dans la région. Les banques et plusieurs institutions de microfinance fonctionnent difficilement, tandis que l’aéroport demeure toujours inopérant, compliquant davantage les échanges et les déplacements.

« Dieu seul sait ce qui nous attend. Nous sommes en train de nous enfoncer dans un trou très profond. Que cette fois-ci, l’humanité tourne son regard vers Goma », implore un sexagénaire, les mains posées sur la tête, visiblement accablé par la situation.”

Face à cette menace sanitaire et économique, les habitants de Goma redoutent désormais une double peine : celle de la maladie et celle d’un isolement qui fragilise davantage une population déjà épuisée par des mois de crise. Pendant ce temps la population est appelée à respecter les mesures barrières notamment le port de masque et lavage de mains.