3 minutes 2 heures

Longtemps perçus avec méfiance, voire rejetés, les rescapés des mains des ADF-MTM retrouvent aujourd’hui leur place au sein de la communauté. Ce changement de regard, fruit d’intenses campagnes de sensibilisation menées par les Forces Armées de la République Démocratique du Congo FARDC en sigle  et la société civile, marque une étape cruciale pour la cohésion sociale et la sécurité dans la région.

Par Christian INGILIMA

Le retour à la vie civile après l’horreur de la captivité n’est plus un second calvaire à Beni. Si, par le passé, le retour d’un ex-otage était synonyme de suspicion et de stigmatisation, la tendance s’inverse. Aujourd’hui, la résilience et l’acceptation remplacent progressivement la peur : « Au début, même ma famille avait peur », le témoignage d’une rescapée, qui a retrouvé les siens après plusieurs années de captivité, illustre cette mutation : « Pour l’instant, je vis parfaitement dans la communauté », confie-t-elle sous anonymat : « Au début, même les membres de ma famille avaient peur de moi. Mais actuellement, tout va bien, je mène mes activités normalement. » Cette réintégration réussie repose sur un dialogue constant et une volonté de la communauté de tourner la page de la méfiance.

Un accueil digne pour une paix durable

Pour les acteurs communautaires, le traitement réservé aux ex-captifs est le premier pas vers leur guérison. « L’essentiel est qu’ils soient de retour. Nous devons les accueillir dignement car ils ont été retenus contre leur propre volonté », insiste un leader local.

Maître Pépin Kavotha, président de la société civile de Beni et secrétaire du comité Ukweli, va plus loin. Pour lui, l’acceptation des ex-otages est une arme stratégique contre l’insécurité. « La population doit comprendre que la défection et le bon accueil des rescapés affaiblissent les rangs des ADF-MTM », explique-t-il. En favorisant le vivre-ensemble, la communauté tarit le réservoir de peur dont se nourrissent les agresseurs.

Le fruit de la sensibilisation

Ce climat d’apaisement n’est pas le fruit du hasard. Il résulte des multiples séances de conscientisation menées sur le terrain par les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et leurs alliés, épaulés par les forces vives locales.

Alors qu’au début du processus, la méfiance était la règle, ces efforts de pédagogie ont permis aux habitants de Beni de comprendre une vérité essentielle : l’accueil des ex-otages n’est pas seulement un acte d’humanité, c’est un pilier de la paix durable dans cette zone martyre.