Par Fred Mastaki, pour Sauti ya Amani.

Fuyant leurs milieux d’origine, les familles déplacées se sont installées à Kasindi, où elles doivent faire face à de nombreuses difficultés. Mais au-delà de la précarité, des mécanismes de solidarité se sont développés entre déplacés et population locale.
Israël Mumbere Kikunzura, président du comité des déplacés de Kasindi, reconnaît l’importance de cet appui communautaire : « La plupart des aides que nous recevons proviennent des habitants de Kasindi. Nous sommes en parfaite collaboration. »
Cette solidarité permet notamment à certains déplacés de développer de petites activités génératrices de revenus. Blaise Metusela Bundiki, coordonnateur de la Nouvelle société civile congolaise à Kasindi, salue cette dynamique : « Nous remercions la population hôte. Grâce à elle, les déplacés parviennent à exercer de petites activités pour subvenir à leurs besoins. »
Pour Kavugho Kyambia Sifa, cheffe du service des Affaires sociales de la commune de Kasindi, cette cohésion a permis d’atténuer certaines difficultés auxquelles les familles déplacées étaient confrontées : « Avant, leur vie était très difficile. Actuellement, les déplacés parviennent à survivre à Kasindi grâce à cette cohésion avec les populations autochtones. »
Entre août 2025 et avril 2026, plus de 11 000 personnes déplacées à la suite de différents conflits ont été enregistrées à Kasindi. Selon les acteurs locaux, une grande partie de ces familles vivait sans assistance humanitaire, notamment dans le domaine alimentaire.
Face à cette situation, l’entraide entre la population hôte et les déplacés apparaît comme un mécanisme essentiel de résilience. La participation aux activités communautaires, le développement de petits commerces et les initiatives locales favorisent progressivement la cohabitation.
À Kasindi, la solidarité ne fait donc pas que répondre à l’urgence. Elle contribue aussi à reconstruire les liens sociaux fragilisés par les conflits.
Cet article a été réalisé dans le cadre du projet « Renforcement des capacités des journalistes et médias du Nord-Kivu sur le journalisme de paix pour la cohésion sociale », mis en œuvre par l’UNPC Nord-Kivu avec l’appui de la Direction du développement et de la coopération (DDC) Suisse. Ce projet vise à faire des médias de véritables acteurs de la paix et de la cohésion sociale.