Dans la commune rurale de Kasindi, les incompréhensions, les dettes et les désaccords du quotidien peuvent rapidement provoquer des tensions. Mais pour plusieurs habitants, le dialogue, l’écoute et la médiation restent des moyens efficaces pour prévenir l’escalade des conflits et préserver la cohabitation pacifique.

Par Libu Manga Rachidi Black.

Dans les familles comme au sein de la communauté, la reconnaissance de ses erreurs et le dialogue permettent parfois de désamorcer rapidement les tensions.

Simweray Samy, responsable de ménage à Kasindi, en a fait l’expérience. Un désaccord avec son épouse est né après qu’il a décidé d’utiliser une partie des ressources familiales pour venir en aide à un ami en difficulté, sans l’en informer au préalable.

Après plusieurs jours de tension, il dit avoir reconnu sa part de responsabilité et présenté ses excuses à son épouse : « J’ai compris qu’il y avait quelque part où je n’avais pas bien procédé. J’ai reconnu ma part de culpabilité et demandé pardon à madame. Aujourd’hui, le climat est redevenu bon », témoigne-t-il.

Dans la communauté, les femmes misent également sur l’écoute et l’échange pour régler les différends. MbaKula Mbuyiro, engagée dans l’encadrement des femmes à Kasindi, estime que les discussions collectives permettent de trouver des solutions pacifiques : « Lorsqu’il y a des difficultés entre les femmes, nous devons nous asseoir, écouter les opinions de chacune et chercher ensemble la bonne voie pour que la paix règne entre nous », explique-t-elle.

Chez les jeunes également, la médiation peut empêcher qu’un simple différend ne se transforme en affrontement. Merveille Rango raconte avoir récemment séparé deux jeunes qui s’apprêtaient à se battre à la suite d’une dette impayée : « J’ai réussi à les séparer et j’étais content d’avoir contribué à la paix ici à Kasindi », témoigne-t-il.

Ces différentes expériences montrent que la prévention des conflits ne repose pas uniquement sur les mécanismes institutionnels. Dans la vie quotidienne, l’écoute, le dialogue, la reconnaissance de ses torts et la médiation communautaire constituent aussi des outils essentiels pour renforcer la cohésion sociale.

Cet article a été produit par l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC), section du Nord-Kivu, avec l’appui de la Direction du développement et de la coopération suisse (DDC).