Le ring de la honte : « quand Tshisekedi et Kabila se disputent des cendres »

Pendant que l’Est s’effondre sous les assauts rebelles, Kinshasa s’enfonce dans une parodie de gouvernance. Entre le cynisme politique du régime de Felix Tshisekedi, sa capitulation sécuritaire et l’instrumentalisation de la haine à l’aube du nouveau Front pour la refondation de la nation (FRN) de Joseph Kabila, le pouvoir congolais orchestre le chaos, pour masquer son impuissance, abandonnant une population à bout de force entre le marteau de la guerre et à l’enclume de l’exclusion. Face à ce naufrage historique, seule une mobilisation citoyenne radicale pourra sauver la République Démocratique du Congo.

Par la Rédaction

L’illusion d’une passation pacifique du pouvoir après le scrutin de 2018 a définitivement laissé place à un spectacle de désolation nationale deux ans plus tard. La République démocratique du Congo subit aujourd’hui le duel fratricide de deux fauves politiques dont l’égocentrisme détruit les fondements mêmes du vivre-ensemble.

D’un côté, le pouvoir de Felix Tshisekedi se mure dans une impuissance chronique, tandis que de l’autre, son prédécesseur Joseph Kabila, récemment condamné par contumace, réapparaît en prenant officiellement en octobre 2026 la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), un mouvement armé né des cendres de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23.)

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Sur le plan militaire, la déroute est historique. L’incendie allumé en avril 2022 sur les collines de Chanzu s’est transformé en un brasier incontrôlable. Au début de l’année 2025, la coalition rebelle s’est emparée de Goma, puis de Bukavu coupant cette partie du Grand Kivu de l’autorité républicaine.

Face à cette tragédie, la diplomatie congolaise brille par son inefficacité que du populisme. Qu’il s’agisse de l’Accord-cadre de Doha de novembre 2025 ou du projet d’opérations issu de l’Accord de Washington, les processus de paix ne sont que des théâtres d’ombres. Les parrains régionaux et les seigneurs de guerre, épaulés par les cadres du FRN durcissent leurs positions pendant que Kinshasa multiplie les effets de manche.

L’abandon des territoires et le sacrifice de la jeunesse

Quatre ans de guerre à l’Est, ce n’est pas une simple transition : c’est un siècle d’agonie pour des millions de Congolais. Dans les zones passées sous le contrôle du FRN, la population est coupée du reste du pays. Plus aucune institution financière n’y fonctionne, les routes sont bloquées, et le couperet est tombé pour la jeunesse : le gouvernement congolais a officiellement maintenu la suspension des activités académiques dans les universités publiques de Goma et de Bukavu pour l’année 2026-2027.

En privant l’UNIGOM ou l’Université officielle de Bukavu (UOB) de leur droit d’étudier, Kinshasa entérine une rupture tacite avec sa propre population. Abandonnés, les citoyens sont acculés à des choix extrêmes : fuir vers des camps de déplacés misérables ou s’engager dans une résistance désespérée, sans crainte de mourir parce qu’ils n’ont déjà plus rien à perdre.

Ce pourrissement national tire sa source d’une amnésie historique programmée. Depuis 1960, aucun régime n’a daigné bâtir un système éducatif adapté aux réalités congolaises ou aux idéaux du panafricanisme. En copiant les manuels occidentaux, l’école congolaise a banni le civisme et l’histoire réelle de son sol et sa géographie. Ce vide structurel produit à la chaîne des élites intellectuelles hors-sol, incapables de défendre la patrie, laissant le peuple vulnérable aux manipulations tribales orchestrées par les laboratoires politiques de Kinshasa et de Goma.

La politique du bouc émissaire : l’arme des lâches

Pour s’exonérer de son bilan catastrophique, le régime actuel applique une recette unique : la diabolisation systémique. Aujourd’hui, pour obtenir un brevet de patriotisme dans les médias officiels ou auprès des autorités, il suffit de brandir la menace du Rwanda ou de qualifier l’ancien président Joseph Kabila de “supplétif” étranger ou de rwandais. De leur côté, les révolutionnaires instrumentalisent les frustrations légitimes pour armer les bras. Les réseaux sociaux sont devenus les déversoirs d’une haine communautaire distillée à haute dose.

Cette tentative d’effacer les pages de notre passé pour masquer l’incompétence du présent est un crime contre la mémoire. Comme le rappelait le journaliste Alain Foka en introduction de ses célèbres Archives d’Afrique : « Un peuple sans histoire est un monde sans âme ». Dans cette guerre des fauves pour le contrôle des ressources et du pouvoir, la population reste l’herbe piétinée, écrasée entre le marteau de la rébellion et l’enclume d’un régime défaillant.

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L’appel au sursaut : Congolais, réveillez-vous !

Face à cette classe politique prédatrice et vampirique, attendre le salut d’un dialogue à Doha, d’un compromis à Washington, d’un vote d’une loi référendaire à sens unique ou d’une élection truquée relève de la folie pure.

Les dirigeants actuels n’assument rien et les opposants armés ne proposent que les armes. Le salut de la République démocratique du Congo ne viendra ni des salons feutrés de Kinshasa, ni de la Révolution du FRN.

Il est temps que la population congolaise cesse d’être le spectateur passif de sa propre souffrance et de sa partition tacite.  Étudiants privés d’avenir, mères de famille condamnées à l’exode, intellectuels restés silencieux : la douleur est devenue trop atroce pour tolérer la neutralité.

La cohésion nationale ne se négocie pas, elle s’arrache. Il appartient désormais à la société civile, aux forces vives et à chaque citoyen de se lever comme un seul homme pour opposer une résistance républicaine pacifique, mais inflexible, à la fois contre l’agression extérieure et contre la complicité par incompétence de ceux qui gouvernent. Si le peuple ne prend pas son histoire en main, les fauves finiront de dévorer la République Démocratique du Congo.