Par Kiza Raphaella,

Photo droit tiers
Dans plusieurs quartiers de Beni, le jardin potager gagne progressivement du terrain. Pour certaines familles privées d’accès à leurs champs en raison de l’insécurité, quelques mètres carrés autour de la maison suffisent désormais pour produire une partie des aliments consommés au quotidien.
Légumes-feuilles, tomates et autres cultures maraîchères permettent aux ménages de disposer de produits frais sans devoir systématiquement se rendre au marché : « Le jardin nous aide beaucoup dans notre alimentation. Nous y cultivons différents légumes que nous consommons à la maison. Grâce à ces jardins, nous pouvons avoir des aliments frais sans toujours être obligés d’aller au marché », témoigne une habitante.
Au-delà de l’alimentation, ces espaces servent également à cultiver certaines plantes médicinales et peuvent constituer une source complémentaire de revenus : « Le jardin ne sert pas seulement à produire des légumes. On peut aussi y planter certaines plantes médicinales. Ces plantes peuvent nous aider à soigner quelques maladies », explique une autre habitante.
Pour certaines familles, la production maraîchère permet également de vendre une partie de la récolte et de disposer ainsi d’un revenu supplémentaire.
L’ingénieur Ézéchiel Sivisya considère cette pratique comme un véritable outil de résilience face aux difficultés d’accès aux champs : « À l’heure où l’insécurité empêche la population de se rendre aux champs, le jardin constitue un véritable outil de résilience. Il permet aux familles de continuer à produire, même lorsqu’elles ne peuvent plus accéder facilement à leurs champs », explique-t-il.

Selon lui, les jardins potagers jouent aussi un rôle éducatif. Ils permettent aux parents de transmettre aux enfants l’importance de la terre et de l’agriculture : « Les jardins contribuent à l’alimentation des ménages. Ils permettent également aux parents de montrer aux enfants l’importance de la terre et de leur apprendre que l’agriculture reste à la base du développement », souligne l’ingénieur.
À Beni, les jardins potagers illustrent ainsi une forme de résilience développée au cœur même des quartiers. Lorsque l’insécurité limite l’accès aux champs, la parcelle familiale devient un espace de production, d’économie et de transmission des savoir.
Cet article a été produit par l’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC), section du Nord-Kivu, avec l’appui de la Direction du Développement et de la Coopération suisse (DDC).