Par Romulus Nzalumbo
Au marché central de Mutwanga, les femmes occupent une place importante dans la vente des produits agricoles. Haricots, légumes amers, amarantes et sombé figurent parmi les produits commercialisés quotidiennement pour répondre aux besoins des ménages. Derrière ces étals se trouvent des femmes dont les revenus servent notamment à nourrir les familles, à payer les frais scolaires des enfants et à couvrir les dépenses de santé.
Pour Kavira Nathalie Rachel, vendeuse de produits maraîchers, cette activité constitue une source essentielle de subsistance. Elle explique que les légumes vendus proviennent de ses champs, mais que l’irrégularité des ventes fragilise son équilibre financier. Lorsque les produits ne trouvent pas preneurs, les ressources nécessaires à l’alimentation du ménage deviennent insuffisantes.
Cette situation illustre la vulnérabilité économique de nombreuses femmes rurales, dont les revenus dépendent directement des possibilités d’écoulement de leurs récoltes.
Le transport et la commercialisation, des défis persistants
Malgré leur contribution à l’économie familiale, les femmes commerçantes rencontrent plusieurs difficultés pour acheminer leurs produits des champs vers les marchés et les vendre dans de bonnes conditions. Charité Kavugho, vendeuse ambulante de légumes, souligne l’importance de son activité dans la prise en charge des besoins de sa famille. Selon son témoignage, la vente des produits agricoles permet de dégager des bénéfices, notamment grâce à une clientèle régulière.
Ces revenus contribuent à l’achat de nourriture et à la prise en charge des soins de santé des enfants lorsqu’ils tombent malades. Cependant, la pérennité de cette activité reste tributaire de la capacité à écouler les produits et à maintenir une clientèle.
Les difficultés de transport et les contraintes de commercialisation peuvent ainsi réduire les bénéfices tirés du travail agricole et commercial.

Des revenus pour l’éducation et la santé des enfants
Au marché de Mutwanga-Nzenga, Kavira Wasiwasi Charité, représentante des vendeuses de produits maraîchers, insiste sur le rôle de ces activités dans la stabilité des ménages. Elle explique que la vente des légumes lui permet de répondre à plusieurs besoins essentiels : alimentation, frais scolaires, soins médicaux, loyer et habillement.
Les produits qu’elle commercialise proviennent des champs et des jardins, dont l’exploitation constitue sa principale source de revenus.
Son témoignage met en évidence le lien direct entre les activités économiques des femmes rurales et le bien-être de leurs familles. Lorsque les ventes sont satisfaisantes, les ménages disposent de davantage de moyens pour couvrir leurs dépenses. À l’inverse, les difficultés de commercialisation peuvent compromettre la satisfaction de besoins fondamentaux.
Un soutien nécessaire aux femmes rurales
Célébrée chaque 15 octobre, la Journée internationale des femmes rurales constitue une occasion de mettre en lumière la contribution de ces actrices à la sécurité alimentaire et à l’économie locale.
À Mutwanga, leurs témoignages soulignent la nécessité d’améliorer les conditions de transport des produits agricoles, de faciliter leur accès aux marchés et de renforcer les possibilités de commercialisation. Un meilleur accompagnement de ces femmes pourrait contribuer à valoriser leur production, à stabiliser leurs revenus et à améliorer les conditions de vie de leurs familles.
Au-delà de leur rôle au sein des ménages, les femmes rurales participent ainsi au dynamisme économique de leurs communautés. Soutenir leurs activités revient également à investir dans l’éducation des enfants, la santé des familles et la résilience économique locale.
Cet article a été réalisé dans le cadre du projet « Renforcement des capacités des journalistes et médias du Nord-Kivu sur le journalisme de paix pour la cohésion sociale », mis en œuvre par l’UNPC Nord-Kivu avec l’appui de la Direction du développement et de la coopération (DDC) Suisse. Ce projet vise à faire des médias de véritables acteurs de la paix et de la cohésion sociale.