Au Nord-Kivu, particulièrement à Beni, les forces de défense et de sécurité contribuent à la lutte contre la maladie à virus Ebola. De la protection des équipes sanitaires à la sécurisation des infrastructures médicales, en passant par la sensibilisation de la population, leur intervention vise à faciliter les opérations de riposte et à prévenir les incidents susceptibles de compromettre la lutte contre l’épidémie.

Par Mady Nzenza Ilongo

La lutte contre la maladie à virus Ebola ne repose pas uniquement sur la prise en charge des malades et la sensibilisation communautaire. Elle nécessite également un dispositif sécuritaire capable de protéger les intervenants, de sécuriser les installations sanitaires et de favoriser le bon déroulement des opérations sur le terrain.

À Beni, les militaires, les policiers et les autres services de sécurité sont mobilisés pour accompagner les équipes engagées dans la riposte. Leur mission consiste notamment à protéger les agents sanitaires, à sécuriser les centres de traitement et de transit d’Ebola, ainsi qu’à accompagner, lorsque cela est nécessaire, les équipes chargées des enterrements dignes et sécurisés.

Pour le colonel Jonathan Molangi, de la Police nationale congolaise (PNC), chargé de la mitigation et de la sécurité dans la riposte, ce dispositif constitue un lien essentiel entre la coordination sanitaire et les services de sécurité. Il explique que ce pilier intervient dans plusieurs domaines, notamment la sensibilisation au respect des mesures barrières, la sécurisation des acteurs de la riposte et la protection des infrastructures sanitaires contre les actes de vandalisme et les éventuelles intrusions.

Cette collaboration permet également de faciliter les déplacements des équipes et de limiter les risques d’incidents susceptibles de perturber les interventions.

La sécurité au service de la santé publique

Dans la communauté, certains habitants de Beni reconnaissent l’importance de la présence des forces de sécurité dans le dispositif de riposte. Ils estiment que leur intervention peut contribuer à faire respecter les mesures sanitaires, notamment aux points de contrôle et dans les lieux fréquentés par la population.

Pour ces habitants, la collaboration entre les civils et les services de sécurité est indispensable à la maîtrise de l’épidémie. Ils appellent ainsi la population à respecter les consignes sanitaires et à éviter tout comportement susceptible de compromettre le travail des intervenants.

Ils rappellent également que la présence des policiers et des militaires ne doit pas être perçue comme une menace contre les habitants, mais comme un accompagnement destiné à protéger les équipes et à permettre la poursuite des opérations dans de bonnes conditions.

Une collaboration indispensable

Du côté sanitaire, le docteur Jérémie Muhindo, de l’Hôpital général de référence, souligne l’importance de la collaboration entre les professionnels de santé et les services de sécurité.

Selon lui, ces derniers jouent un rôle déterminant dans la protection des équipes, le maintien de l’ordre public et la sensibilisation des militaires, des policiers ainsi que de leurs familles aux mesures de prévention contre Ebola. Cette approche contribue à renforcer la coordination entre les différents intervenants et à promouvoir les comportements favorables à la prévention de la maladie.

À Beni, la sécurité demeure ainsi une composante importante de la riposte contre Ebola. La protection des équipes, des infrastructures sanitaires et des opérations d’enterrement digne et sécurisé participe à la création d’un environnement favorable à la lutte contre l’épidémie.

La population est, de son côté, appelée à collaborer avec les services compétents, à respecter les mesures de prévention et à soutenir les équipes de riposte afin de protéger durablement les communautés.