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Oicha, territoire de Beni — Dans un contexte marqué par les violences et les déplacements forcés, une lueur d’espoir émerge dans la localité d’Oicha, chef-lieu du territoire de Beni. Sur plusieurs sites accueillant des populations déplacées, notamment celui de Lukangira, situé dans le quartier Oicha Premier, les communautés bantoues et pygmées cohabitent aujourd’hui dans une harmonie remarquable.

Reportage de Dacise Bashizi  Kibondo  pour sauti ya Amani ndlr La voix de la paix.

Au fil des jours, ces populations, autrefois séparées par des différences culturelles et des modes de vie distincts, apprennent à vivre ensemble dans un esprit de solidarité et d’entraide. Sur le site de Lukangira, hommes et femmes participent conjointement aux travaux quotidiens, partagent les repas et développent des liens sociaux forts.

« Nous vivons avec les Bantous dans de très bonnes conditions. Nous partageons la même nourriture et participons ensemble à des moments de convivialité », témoigne Zaburi Kisubi, chef du site. Il souligne que des mécanismes locaux de résolution des conflits ont été mis en place, favorisant ainsi une cohabitation pacifique durable. « Lorsqu’un différend survient, les parties concernées viennent se faire réconcilier ici. »

Cette proximité a progressivement conduit à un véritable brassage culturel. Les habitudes alimentaires évoluent, chacun adoptant peu à peu les pratiques de l’autre. « Nous n’étions pas habitués à manger le foufou, mais aujourd’hui, nous nous y sommes adaptés. Eux aussi consomment désormais nos plats traditionnels », ajoute-t-il. Plus encore, des unions mixtes commencent à voir le jour, symbolisant une intégration profonde entre les deux communautés. « Des jeunes Bantous épousent des filles pygmées, et inversement. Nous sommes devenus un seul peuple », affirme-t-il avec conviction.

Sur d’autres sites de déplacés, comme celui de Luvangira, le même esprit de cohésion se manifeste. Les déplacés expriment leur volonté de préserver cette unité, perçue comme un levier essentiel pour parvenir à une paix durable. « Nous devons rester unis et valoriser ce qui nous rapproche pour construire la paix. C’est dans notre union que nous trouverons la force de surmonter les épreuves », déclare Hangi Bualo, un déplacé rencontré sur place.

Dans un environnement fragilisé par les conflits, cette cohabitation pacifique entre communautés d’origines diverses apparaît comme un exemple inspirant. Elle offre une perspective encourageante pour le rétablissement de la paix et de la sécurité dans les zones d’origine de ces populations.

À Oicha, malgré les blessures du passé, les déplacés choisissent désormais de parler un seul langage : celui de la paix, du vivre-ensemble et de l’espoir.