À l’occasion de la Journée mondiale de la jeunesse célébrée en ce mois d’août 2026 sous le thème « Le dialogue et la compréhension mutuelle pour la paix et la sécurité », un sursaut civique s’observe chez les jeunes de Beni. Dans un contexte sécuritaire profondément volatile marqué par l’activisme des groupes armés à l’est de la République Démocratique du Congo, cette catégorie majeure de la population choisit de tourner le dos aux méthodes agressives. Portés par des campagnes de sensibilisation locales, ces jeunes s’approprient désormais les mécanismes de résolution pacifique des conflits pour jeter les bases d’une cohésion sociale durable. Une dynamique de paix que les médias du Nord-Kivu, formés au journalisme de paix grâce à l’appui de la DDC Suisse, s’attellent à mettre en lumière.
Par Maguy MASIKA
À Beni, le choix de la discussion aux armes, une révolution silencieuse est en marche dans les mentalités de la jeunesse. Longtemps exposés aux affres des conflits armés, de nombreux jeunes prennent aujourd’hui la décision ferme de bannir la violence de leurs interventions quotidiennes. Ce changement d’attitude n’est pas le fait du hasard, mais le résultat direct de multiples séances de sensibilisation menées sur le terrain par différentes structures citoyennes : « On doit prioriser le dialogue et la compréhension mutuelle plutôt que la violence pour résoudre un conflit », plaide un jeune de la commune : « Avec le dialogue, on cherche d’abord à comprendre l’autre, on règle le problème à l’amiable et cela favorise grandement la paix ainsi que le respect mutuel. »
Le déficit de dialogue : terreau des groupes armés
De passage à Beni, Maître Justin Burutsi, président du parlement des jeunes de la ville de Goma, appuie sans réserve cette démarche. Pour ce leader de la jeunesse, l’absence de canaux de discussion reste la cause majeure de l’instabilité chronique qui appauvrit et endeuille la région : « Au travers le dialogue, il est difficile d’aller jusqu’à la guerre », analyse Maître Justin Burutsi : « C’est par manque de compréhension mutuelle et de dialogue qu’aujourd’hui nous observons dans la société une recrudescence des groupes armés, ainsi qu’une multiplicité de conflits communautaires et armés qui endettent la population dans la partie Est de la RDC. »
Pour le président du parlement des jeunes de Goma, la solution réside dans une culture systématique de l’échange : « Si nous adoptons cet esprit de concertation en cas de discordance, cela nous permettra de trouver des solutions pacifiques à nos problèmes et d’apporter un élément de plus dans le développement de nos entités. »
Les médias, acteurs de la cohésion sociale
Ces prises de position coïncident avec la célébration de la Journée mondiale de la jeunesse. Pour cette édition 2026, l’accent mis sur la communication interpersonnelle résonne comme un appel pressant à la responsabilité collective au Nord-Kivu.
Ce reportage s’inscrit dans le cadre du projet « Renforcement des capacités des journalistes et médias du Nord-Kivu sur le journalisme de paix pour la cohésion sociale ». Cette initiative, mise en œuvre par l’UNPC Nord-Kivu avec l’appui de la Direction du développement et de la coopération (DDC) Suisse, ambitionne de transformer les professionnels des médias en véritables acteurs de paix et de stabilité régionale.
Cet article a été réalisé dans le cadre du projet « Renforcement des capacités des journalistes et médias du Nord-Kivu sur le journalisme de paix pour la cohésion sociale », mis en œuvre par l’UNPC Nord-Kivu avec l’appui de la Direction du développement et de la coopération (DDC) Suisse. Ce projet vise à faire des médias de véritables acteurs de la paix et de la cohésion sociale.