À l’occasion de la Journée internationale de la non-violence, célébrée le 2 octobre de chaque année, des acteurs de la société civile et des mouvements citoyens de Beni, au Nord-Kivu, invitent la population à privilégier le dialogue et les manifestations pacifiques dans l’expression de ses revendications. Ils mettent en garde contre les conséquences des violences, susceptibles d’entraîner des pertes en vies humaines, des dégâts matériels et des tensions au sein de la communauté.
La non-violence demeure un moyen essentiel de promouvoir la paix et de résoudre les différends au sein de la société. À Beni, cette approche est particulièrement encouragée auprès des mouvements citoyens, des groupes de pression et de l’ensemble de la population, dans un contexte où les revendications sociales et citoyennes nécessitent des moyens d’expression responsables. Nick Junior, activiste du mouvement citoyen Lutte pour le changement (LUCHA), estime que les manifestations pacifiques permettent aux citoyens de faire entendre leurs préoccupations sans porter atteinte aux biens publics ou privés.
Selon lui, les membres de son mouvement sensibilisent les manifestants à privilégier des actions responsables et à rejeter les actes de vandalisme : « Tout citoyen a le droit de manifester, mais cette manifestation doit rester pacifique. Au sein de la LUCHA, lors de chaque marche, nous prônons le bien-être de la population. Lorsque nous voyons des barricades, nous les enlevons et expliquons aux jeunes que nos revendications peuvent être entendues sans poser des actes de vandalisme », a-t-il déclaré.
Les violences, un risque pour la cohésion sociale
Cette position est également défendue par Maître Pépin Kavotha, président de la Société civile, coordination urbaine de Beni. Il souligne que les manifestations violentes peuvent provoquer des pertes en vies humaines, des destructions matérielles et une détérioration des relations entre les manifestants et les autres membres de la communauté.
Il évoque notamment les risques liés à l’utilisation d’armes blanches, aux interventions des forces de l’ordre et aux actes de destruction visant les biens des commerçants : « Lorsqu’il y a des manifestations violentes, certains manifestants détiennent des armes blanches et peuvent causer des dégâts humains et matériels. Pour intervenir, la police peut à son tour utiliser des armes à feu, ce qui peut occasionner des morts et des blessés », explique-t-il.
Maître Pépin Kavotha déplore également les destructions de kiosques et de marchandises dans les marchés, qui pénalisent les commerçants et alimentent la méfiance au sein de la population. Il appelle ainsi les participants aux manifestations à respecter les libertés individuelles et à renoncer aux actions violentes.
L’éducation à la paix comme priorité
La Journée internationale de la non-violence a été instituée par l’Assemblée générale des Nations unies en juin 2007. Elle est célébrée le 2 octobre, date anniversaire de la naissance du Mahatma Gandhi, figure emblématique de la lutte non violente. Cette journée vise notamment à promouvoir une culture de paix par l’éducation, le développement économique et social durable, le respect des droits humains, l’égalité entre les femmes et les hommes ainsi que la participation démocratique.
À Beni, les acteurs citoyens et sociaux rappellent que le droit de manifester doit s’exercer dans le respect des autres. Pour eux, le dialogue, la responsabilité individuelle et la solidarité constituent des leviers essentiels pour prévenir les violences et consolider la cohésion sociale. La non-violence ne signifie pas renoncer à ses revendications, mais choisir des moyens qui permettent de les défendre sans mettre en danger la vie humaine ni détruire les biens de la communauté.
Cet article a été réalisé dans le cadre du projet « Renforcement des capacités des journalistes et médias du Nord-Kivu sur le journalisme de paix pour la cohésion sociale », mis en œuvre par l’UNPC Nord-Kivu avec l’appui de la Direction du développement et de la coopération (DDC) Suisse. Ce projet vise à faire des médias de véritables acteurs de la paix et de la cohésion sociale.