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Champion du Nord-Kivu malgré une saison chaotique, le Club Sportif Mwangaza de Beni prouve que son plus beau trophée se gagne en dehors des pelouses. Derrière le triomphe sportif, le club a dû surmonter de graves crises internes et des tensions entre joueurs, supporters et dirigeants. Grâce à ses assemblées générales évaluatives, le nouveau roi du football provincial réussit à désamorcer les conflits et à faire du ballon rond un véritable outil de cohésion sociale.

Par Chantal KAHASHI.

Une saison dorée sauvée malgré le chaos mental ; Derrière le prestige du titre provincial, la cohabitation a été rudement éprouvée par une instabilité technique chronique. Aristote Kahongya, l’un des joueurs clés du club, revient sur ce parcours du combattant : « Nous avons traversé énormément de difficultés, que ce soit avec nos adversaires, ou entre le comité de direction, les fanatiques et nous les joueurs », confie-t-il. « Changer de staff technique à trois reprises au cours d’une même saison nous a profondément perturbés mentalement. Malgré cela, nous avons gardé la tête haute jusqu’à remporter ce trophée provincial. »

Canaliser l’émotion des tribunes par le fair-play

Face à ces zones de turbulences, les supporters reconnaissent que la passion déborde parfois de manière excessive dans les gradins. Les assemblées évaluatives agissent alors comme un précieux garde-fou pour recadrer les dérapages comportementaux : « Le football reste avant tout du fair-play, mais malheureusement, l’émotion des fans prend parfois le dessus », regrette un représentant des supporters : « Cela dérape en échanges de paroles violentes ou en coups. C’est pour cela que notre assemblée générale est cruciale : elle nous permet de rappeler fermement les règles et le code de bonne conduite à tout le monde. »

Le secret des champions pour faire la paix

Pour l’équipe dirigeante du CS Mwangaza, ces assises dépassent largement le cadre des statistiques sportives. Elles offrent une tribune démocratique indispensable où la parole libérée permet d’éteindre les incendies relationnels pour préserver l’avenir de l’équipe : « C’est un véritable espace de cohésion car toute la famille du club s’y retrouve », explique un membre du comité directeur : « C’est l’unique occasion de se parler clairement, les yeux dans les yeux. Nous rappelons à tous que sur le terrain, nous ne sommes pas des ennemis, mais de simples adversaires. Une fois dans l’assemblée, les tensions s’apaisent et la paix revient. »

En privilégiant l’écoute, le dialogue direct et le respect des règles, le CS Mwangaza de Beni démontre que la gestion participative d’un club peut grandement contribuer à renforcer la cohésion sociale et la coexistence pacifique au sein de toute la communauté locale.