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L’ancien Premier ministre Bruno Tshibala Nzenzhe appelle les autorités congolaises à privilégier le dialogue politique et le respect de l’ordre constitutionnel face aux débats persistants autour d’une éventuelle réforme de la Constitution en République démocratique du Congo.

Dans une déclaration politique publié le 12 mai 2026 à Kinshasa, l’ancien chef du gouvernement estime que la RDC traverse une phase critique marquée par des tensions politiques et une crise sécuritaire persistante, nécessitant un large consensus national plutôt qu’un processus précipité de révision institutionnelle.

Bruno Tshibala rappelle que les avancées démocratiques obtenues après des décennies de luttes politiques ne devraient pas être remises en cause. Il insiste particulièrement sur la préservation des dispositions dites verrouillées par l’article 220 de la Constitution, qu’il considère comme des garanties fondamentales de l’équilibre démocratique du pays.

Pour lui, ces principes constituent l’héritage des combats menés par l’opposition historique congolaise, notamment l’UDPS, et ne peuvent être modifiés sans risque de fragiliser davantage les institutions nationales.

L’ancien Premier ministre défend par ailleurs la nécessité de consolider des institutions durables capables de fonctionner indépendamment des individus au pouvoir. Selon lui, la stabilité du pays dépend davantage de la solidité des mécanismes institutionnels que de la concentration du pouvoir autour des dirigeants politiques.

Dans son analyse, Bruno Tshibala critique également certaines orientations observées au sein du pouvoir actuel. Il estime que les idéaux démocratiques historiquement défendus par l’UDPS sous Étienne Tshisekedi tendent progressivement à être éclipsés par des logiques politiques liées à la conservation du pouvoir.

Sans citer directement des responsables précis, il déplore ce qu’il considère comme un affaiblissement du débat démocratique autour de la réforme constitutionnelle, affirmant que plusieurs arguments avancés dans ce dossier restent insuffisamment justifiés sur le plan politique et institutionnel.

Face à cette situation, Bruno Tshibala recommande au président Félix Tshisekedi de suspendre toute initiative précipitée de révision constitutionnelle et de privilégier plutôt un dialogue national inclusif réunissant les différentes forces politiques et sociales du pays.

Il propose notamment que les questions liées aux réformes institutionnelles soient confiées à une commission spécialisée dans le cadre d’un futur dialogue national, afin de rechercher un consensus plus large.

L’ancien Premier ministre estime également que la décrispation politique passe par un rapprochement entre les autorités et la Conférence Épiscopale Nationale du Congo, qu’il considère comme un acteur capable de jouer un rôle important dans un processus de médiation nationale.

Dans son message, Bruno Tshibala avertit enfin que l’absence de compromis politique risque d’aggraver les divisions internes et de prolonger les souffrances des populations affectées par les violences dans l’Est du pays.

Pour lui, seule une démarche de dialogue sincère entre les différentes composantes nationales pourrait favoriser le retour de la cohésion, de la stabilité institutionnelle et de la paix durable en RDC.

Victor Bigati