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Face à la mauvaise gestion des terres qui alimente l’insécurité dans l’est de la RDC, la réorganisation des services du cadastre à Beni redonne espoir aux habitants. En s’appuyant sur des archives fiables et un arbitrage technique rigoureux, cette administration s’impose désormais comme un outil indispensable pour désamorcer les litiges parcellaires et restaurer la paix communautaire.  Par MADY NZENZA ILONGO

Dans la partie orientale de la République Démocratique du Congo, la confusion et la mauvaise gestion des terres figurent parmi les principales causes endogènes et exogènes des conflits armés et communautaires. La province du Nord-Kivu reste profondément gangrénée par ces litiges terriens qui minent la cohésion sociale au quotidien. Face à ce fléau, la redynamisation des services des titres immobiliers et du cadastre à Beni apparaît comme un véritable ouf de soulagement pour la population locale, s’imposant comme un levier majeur de pacification.

Le cadastre, arbitre technique des limites parcellaires

Malgré la récurrence des tensions, le service du cadastre joue un rôle essentiel dans la prévention et la résolution pacifique des différends. Sur le terrain, de nombreux habitants témoignent de l’importance de cet arbitrage technique, en particulier lors du règlement des litiges liés aux limites de propriétés.

L’intervention de ces experts s’avère capitale pour ramener la sérénité dans les quartiers. C’est le cas de Madame Dorica, habitante de Beni, qui a vu sa situation familiale s’apaiser : « Oui, je connais désormais l’importance du cadastre. Je l’ai constaté lors de la résolution du conflit qui m’opposait à mes voisins à cause des limites parcellaires. Lorsque nous avons fait appel à leurs services, chacun de nous a présenté ses documents officiels. Les bornes ont ensuite été replacées selon les mesures qui y étaient inscrites. Les tiraillements ont immédiatement cessé et nous vivons maintenant en paix. »

Un outil d’archivage au service de la société civile

Cet apport technique est également salué par les acteurs de la société civile locale, qui s’appuient sur les données étatiques pour mener leurs médiations. Paluku Mirindi Moïse, président du regroupement Dynamique d’Intégration Chrétienne, reconnaît l’impact direct de cette administration dans la réduction des tensions communautaires : « Quand deux parties sont en conflit, nous privilégions d’abord le dialogue », explique-t-il. « En cas de résistance ou de blocage, nous collaborons étroitement avec le service du cadastre. Comme il s’agit d’une matière hautement technique, c’est cette structure qui détient les archives et les documents officiels capables de départager les prétendants et d’éclairer les médiateurs. »

Cultiver la résolution pacifique

Au-delà de l’aspect purement administratif, la gestion durable de la question foncière à Beni repose sur un changement de comportement global. Pour les leaders communautaires, une compréhension mutuelle, l’écoute active et l’intériorisation d’une véritable culture de résolution pacifique demeurent les piliers indispensables pour désamorcer définitivement les crises de voisinage avant qu’elles ne s’enveniment.