Le sport, et particulièrement le football, est perçu comme un vecteur de paix et de cohabitation pacifique en milieu universitaire. À Beni, par exemple, le championnat interuniversitaire réunit plusieurs institutions d’enseignement qui parviennent à parler un même langage grâce à cette discipline.
Par MAKI BARACK
Dans une région de Beni trop souvent associée aux crises, la jeunesse intellectuelle a choisi le ballon rond pour réécrire son histoire. Le sport, et particulièrement le football, s’impose désormais comme un puissant vecteur de paix et de cohabitation pacifique dans le milieu académique local. Le championnat interuniversitaire y réunit plusieurs institutions d’enseignement supérieur. Grâce à cette discipline, des étudiants d’horizons divers parviennent enfin à parler un même langage : celui de la fraternité.
Un pont entre les institutions de la ville
Ce rendez-vous sportif annuel est bien plus qu’une simple compétition pour la coupe. Il est devenu un espace crucial pour renforcer le vivre-ensemble au sein de la communauté estudiantine : « Effectivement oui, nous pensons que le championnat interuniversitaire joue un grand rôle dans le rapprochement des étudiants de Beni », témoigne Paluku Esaïe, coordinateur de la Représentation des Étudiants du Congo (REC), section Beni : « Il crée un cadre de rencontre, d’échange et de fraternité entre les jeunes de différentes institutions. À travers le sport, les étudiants apprennent à se connaître, à travailler ensemble, à respecter leurs différences et à développer l’esprit de solidarité et de paix. »
Au stade une ferveur maximale efface les divisions
Sur place, l’ambiance témoigne de cette communion. Le championnat se joue actuellement au stade de Kimbangu, transformé pour l’occasion en un véritable chaudron de convivialité.
Bien avant le coup d’envoi, les tribunes vibrent au rythme d’une jeunesse décidée à faire du bruit pour la paix.
Chaque institution débarque avec ses supporters armés de tambours artisanaux, de sifflets et de vuvuzelas. Les chants et les chorégraphies improvisées s’enchaînent d’une tribune à l’autre sans interruption. Loin des tensions extérieures, cette effervescence festive montre une saine rivalité où les étudiants partagent les mêmes espaces et célèbrent ensemble chaque action d’éclat. Le stade offre ainsi le spectacle d’une cohabitation pacifique vécue en direct par la crème intellectuelle de la ville.
Le fair-play comme stratégie anti-division
Face aux risques de dérapages liés à la passion du public, les organisateurs redoublent de vigilance. Des stratégies strictes sont appliquées pour s’assurer que ce championnat demeure un connecteur social, et non un facteur de division.
Swabbri Kendakenda, ministre des sports de la REC/Beni, détaille la feuille de route de sa structure notamment : La promotion active du fair-play et du respect mutuel sur le terrain comme dans les gradins, L’exigence d’une discipline de fer et de l’unité entre étudiantes et étudiants, Une organisation rigoureuse pour canaliser l’énergie des supporters : « Nous remercions chaleureusement tous les joueurs pour le bon comportement qu’ils affichent durant les différentes rencontres », salue le ministre des sports.
Match après match, cet événement confirme son importance capitale. En transformant la compétition en un outil de dialogue festif, ces futurs cadres posent, par le football, les bases solides d’une paix sociale durable pour toute la région de Beni.