À Oïcha, les moto-taxis ne se contentent pas de transporter des passagers. Ils incarnent aussi un véritable réseau de solidarité. Dans plusieurs parkings, conducteurs et non-conducteurs se sont regroupés en associations d’entraide pour faire face ensemble aux épreuves de la vie et partager les moments de bonheur.
Au parking Nduani, cette initiative a bouleversé les pratiques habituelles. Autrefois réservé uniquement aux conducteurs, le groupe s’est ouvert à toute la communauté. MUHINDO LUHIMBO NORBERT, conseiller du parking, explique l’importance de cette ouverture : « Nous avons intégré les non-conducteurs afin de favoriser le partage d’idées au bénéfice de toute la communauté. Ce groupe réunit conducteurs et non-conducteurs qui s’entraident dans les moments heureux comme dans les épreuves. »
Cette solidarité a profondément marqué Moussa, conducteur au parking Nduani, qui témoigne : « Je fais partie de ce groupe même si je n’avais pas de moto au début. Grâce à leur aide, j’ai pu en obtenir une et me marier. Ils m’ont soutenu du début à la fin de la cérémonie. »
La fraternité s’étend au-delà des seuls conducteurs. KAVUGHO Solange, vendeuse de thé sur la route nationale numéro 4, a rejoint le groupe après avoir été touchée par leur compassion : « Ce qui m’a poussée à adhérer, c’est leur manière d’agir. Lorsqu’un membre traverse une épreuve, ils arrêtent toute activité pour venir le soutenir, même s’il se trouve à Beni. Quand je suis malade, ils m’aident, et ils font de même pour mes enfants. »
Ce réseau d’entraide, véritable pilier pour de nombreux ménages sans soutien, favorise également la coexistence pacifique entre conducteurs et non-conducteurs dans la ville d’Oïcha.
Reportage de D’Assise Bashizi Kibondo
