Dans un contexte marqué par l’insécurité et les déplacements forcés à Goma, un espace de protection a offert à 50 jeunes filles, âgées de 12 à 25 ans, un cadre pour se reconstruire. Durant 24 jours, cette colonie de vacances unique a conjugué soutien psychosocial, art oratoire et autonomisation économique pour transformer leur vulnérabilité en force.

Par la rédaction de la Cruche hebdo

En zone de conflit comme un havre de paix face aux traumatismes que subissent, les filles une double vulnérabilité : l’exposition aux violences et la privation de leurs droits fondamentaux.

Pour y répondre, le programme a accueilli 70 participantes, affichant un taux de rétention encourageant de 71,4 % (50 filles à terme) malgré l’instabilité de la région. Au programme : séances de yoga, exercices de respiration et espaces d’écoute pour libérer la parole et apprendre à gérer le stress.

De l’art à l’autonomie financière

L’expression créative a servi de levier vers l’indépendance. Les adolescentes ont été initiées au tissage de paniers et de tapis, ainsi qu’au recyclage de déchets en objets utiles comme des paillassons. Ces compétences pratiques visent à leur offrir, à terme, des opportunités génératrices de revenus.

Émergence d’une nouvelle génération engagée

Le cœur du projet repose sur l’éveil des consciences. Formées à l’art oratoire, au plaidoyer pour l’éducation et à la gestion des menstruations, les participantes ont appris à déconstruire les stéréotypes de genre : « J’ai beaucoup appris et je m’engage à mettre en œuvre les acquis de cette colonie », confie Élisabeth, l’une des apprenantes. Marie Masudi, autre participante satisfaite, espère déjà une suite : « Mon souhait est qu’à la prochaine édition, on nous apprenne aussi la coupe et couture ». Ces jeunes filles repartent prêtes à briser l’isolement et à devenir actrices de changement dans leurs communautés.