4 minutes 23 heures

Dans les rues de Goma, désormais coupées du reste du monde bancaire, la colère gronde sous le sceau de la résilience. Entre un Gouvernement lointain et une rébellion prédatrice, les habitants ne se contentent plus de subir : ils interpellent. Voici le cri de ceux que l’on appelle les “oubliés du circuit financier”. 

 Vox Pop :

Le cri de détresse : Des vies en sursis par la fermeture des banques n’est pas qu’une ligne budgétaire, c’est une condamnation à mort sociale.

  • Ivette, cambiste démunie :« Mes fonds sont bloqués. Je travaillais avec des micro-crédits pour faire tourner mon petit commerce de devises. Aujourd’hui, je regarde mes enfants s’amaigrir alors que mon argent dort derrière des grilles de fer verrouillées par le gouvernement à Kinshasa ».
  • Sarah K., épouse d’un travailleur au chômage :« Nous sommes sous le coup d’un ultimatum d’expulsion. Sans accès à notre épargne, nous n’existons plus. Le bailleur ne veut rien savoir de la guerre, il veut son loyer ».
  • Un ancien fonctionnaire :« Pour survivre, il a dû troquer son costume contre une blouse de fermier pour soigner des poules, faute de percevoir son salaire, Kinshasa ayant cessé tout paiement en zone occupée.

Quelques recommandations de la population de Goma aux autorités à Kinshasa : Ne soyez pas les fossoyeurs de votre peuple

Le gouvernement central est accusé par certains habitants d’être le « fossoyeur » de sa propre population en maintenant ce blocus. Ils demandent au Gouvernement de de Kinshasa de :

  • Rétablir l’accès humanitaire aux fonds :le Gouvernement doit impérativement autoriser des mécanismes de retrait sécurisés, peut-être via des agences onusiennes ou des organisations internationales, pour permettre aux civils de récupérer leurs économies de survie.
  • Finir cette punition collective :La déconnexion bancaire est perçue comme une punition contre les civils plutôt que contre les rebelles. Le gouvernement doit dissocier le contrôle militaire de l’accès aux droits sociaux élémentaires. Sans tournure, la population interroger donnent quelques recommandations à l’AFC/M23 : « Cessez de monnayer notre survie »

Pour elle, l’administration du mouvement politico-militaire AFC/M23 ne peut se prétendre « libératrice » tout en asphyxiant les citoyens. Face au contexte que traverse les habitant sous leurs contrôles que ce dernier arrête du racket fiscal avec cette mise en place d’un système de taxes parallèle, alors que les banques sont fermées, est insupportable pour une population sans liquidités.

Cette population propose que l’AFC/M23 puisse offrir des garanties de sécurité pour les institutions bancaires : « Si l’AFC/M23 souhaite réellement que l’économie reprenne, elle doit offrir des garanties formelles et internationales de non-ingérence dans les coffre-fort des banques privées pour permettre leur réouverture sous supervision neutre. »

Le verdict de la rue est clair : Goma est forte, certes, mais sa force s’épuise. La résilience n’est pas un puits sans fond. À Kinshasa comme aux belligérants de l’Est, le message est unique : « Rendez-nous notre argent avant que le désespoir ne devienne plus meurtrier que vos fusils. »